Your address will show here +12 34 56 78
Assurance-crédit, A la une, Etudes sectorielles

Le marché pétrolier mondial demeure stratégique pour l’économie réelle et pour les portefeuilles des assureurs‑crédits, tant en raison de la volatilité des prix, des défaillances potentielles parmi les acteurs intermédiaires que des risques géopolitiques et financiers. À l’approche de 2026, la dynamique du secteur combine une demande encore soutenue, un manque d’investissements structurels dans l’amont, et une transition énergétique qui reconfigure les chaînes de valeur.

1. Évolution récente du marché : implication crédit

 
Depuis 2022, les prix du pétrole ont évolué dans une large fourchette, soumis à des chocs d’offre (sanctions sur la Russie, quotas OPEP+, perturbations régionales) et à des incertitudes de demande (Chine, Europe). Cette volatilité accroît le risque de stress de trésorerie chez les raffineurs indépendants, distributeurs, traders et PME du secteur parapétrolier, dont les marges sont fortement sensibles aux variations brutales des prix et aux besoins de financement du BFR.

La stabilisation relative observée en 2025 ne supprime pas le risque. Le secteur fait face à un sous‑investissement chronique dans l’exploration‑production, ce qui peut entraîner des phases de tension d’offre, donc des prix plus élevés, mais aussi une difficulté croissante pour certains acteurs à financer leur transition ou maintenir leur productivité. Cela implique une vigilance accrue vis‑à‑vis des entreprises très endettées ou dépendantes d’un seul bassin d’activité.

2. Principaux acteurs et exposition risque

OPEP+
L’Arabie saoudite et la Russie pilotent les quotas et influencent la liquidité mondiale. Les décisions soudaines peuvent affecter la solvabilité des raffineries et distributeurs, notamment dans les marchés émergents. L’exposition à des contreparties situées dans des juridictions instables doit rester limitée.


États‑Unis – producteurs de schiste
Leur croissance est freinée par des contraintes réglementaires et financières. La consolidation en cours entraîne des risques liés à :

des fusions‑acquisitions rapides,
des bilans encore fragiles chez les producteurs de petite et moyenne taille.
Ces acteurs sont historiquement très cycliques – leur suivi financier doit rester trimestriel pour anticiper toute chute de production ou recul de cash‑flow.

Chine et Inde – moteurs de la demande
Leur demande influence directement la santé des négociants, traders et logisticiens mondiaux. Un ralentissement chinois accentuerait les défauts potentiels des PME pétrochimiques et des entreprises d’import‑export.

Majors pétrolières
Elles présentent un risque relativement faible grâce à :

une diversification géographique,
des bilans plus solides,
l’intégration de segments stables (produits raffinés, chimie).
Cependant, certaines majors européennes (Shell, BP) rééquilibrent leurs stratégies et pourraient réduire leur exposition au pétrole conventionnel, ce qui impactera leurs sous‑traitants.

3. Défaillances, fragilités et risques sur le secteur pétrolier

Risque de chaîne

Le pétrole dépend d’acteurs fortement interconnectés : extracteurs, transporteurs, raffineurs, grossistes, logisticiens. Une rupture (sabotage, embargo, attaque maritime) peut provoquer des défauts en cascade, notamment parmi les entreprises à faible capitalisation.

Risque de liquidité

Les traders et distributeurs supportent des besoins de trésorerie colossaux. En période de hausse rapide des prix, les besoins de financement explosent ; en période de chute, les stocks perdent de la valeur. Ces situations peuvent mener à des défaillances soudaines, même chez des acteurs historiquement solides.

Sous‑investissement dans l’amont

Il crée un environnement où les coûts de production augmentent, ce qui fragilise les petites compagnies pétrolières. Les principaux points d’attention sont :

les niveaux de dette,
la capacité de refinancement
les coûts d’extraction et de maintenance.

Transition énergétique

Les politiques climatiques créent un risque de stranded assets, surtout pour les acteurs exposés aux gisements à haute intensité carbone. La pression réglementaire peut aussi réduire leur accès au financement bancaire.

4. Points d’attention pour 2026

Volatilité extrême et scénarios de prix divergents
Probable augmentation des sinistres dans le négoce international et les distributeurs à faible capitalisation.

Montée du risque géopolitique
Mer Rouge, détroit d’Ormuz, tensions Iran‑Arabie saoudite : un choc logistique peut provoquer des défaillances rapides chez les importateurs dépendants.

Resserrement du crédit bancaire
Les banques réduisent l’exposition aux hydrocarbures, transférant davantage de risque vers les assureurs‑crédits.

Fragilité des PME parapétrolières
Pression sur les marges, inflation des coûts, retards de paiement croissants.

Concentration du secteur
Les grandes entreprises deviennent plus solides, mais les petites disparaissent ou restent vulnérables.


En quoi l’assurance-crédit vient-elle protéger les entreprises du secteur ?

L’assurance-crédit amortit les effets de volatilité : L’assurance-crédit protège contre les défaillances soudaines générées par ces chocs externes, que l’entreprise ne peut ni anticiper ni maîtriser. Sans assurance crédit, un retournement de marché peut transformer un bon client en défaut en quelques semaines. Avec une assurance-crédit, l’impact financier est transféré et maîtrisé.

Dans le pétrole, les faillites viennent rarement d’un manque d’activité, mais d’un besoin de trésorerie qui explose (financement des cargaisons, appels de marge),d’un retrait bancaire, d’un stock dévalorisé. L’assurance-crédit sécurise les créances dans un environnement où même des entreprises actives peuvent devenir insolvables par manque de financement. Elle couvre un risque technique de cash-flow, typique du négoce et de la distribution énergétique.

Un secteur très interconnecté → l’assurance crédit protège contre les défaillances en cascade. Une rupture d’approvisionnement, une sanction ou un blocage logistique peut entraîner : transporteur → négociant → distributeur → sous-traitant. L’assurance crédit joue un rôle de pare-feu financier dans une industrie où les défaillances sont systémiques et rapides. Elle évite qu’un incident externe devienne une crise interne.

Le désengagement des banques renforce le besoin de sécurisation commerciale. Les banques réduisent leur exposition aux hydrocarbures (contraintes ESG, capital, réglementation). Conséquence : plus de risque porté par les fournisseurs eux-mêmes. L’assurance crédit prend le relais du financement bancaire en sécurisant les transactions commerciales là où les lignes de crédit se raréfient. Elle devient un outil de continuité des échanges.

0

A la une, Etudes sectorielles

Caddie, entreprise alsacienne longtemps leader mondial du chariot de supermarché, a été placée en redressement judiciaire avec poursuite d’activité. Malheureusement, le tribunal de Saverne a rejeté les 2 offres de reprise déposées : 

Le groupe Cochez, actuel propriétaire, basé à Valenciennes (Nord),
La société Skade Management de Stéphane Dedieu, ancien propriétaire de Caddie. 

Caddie avait déjà connu 4 procédures de redressement judiciaire depuis 2012, confrontée à une trésorerie exsangue.
Une liquidation définitive, faute de solution de reprise viable, a finalement été prononcée le 16 juillet 2024.
Cette décision marque la fin d’une entreprise emblématique qui employait près de 110 salariés à Dettwiller, dans le Bas-Rhin.


Retour sur les grandes dates de la marque :

◆ 1928 : Création des Ateliers Réunis, qui transforment le fil d’acier pour fabriquer des mangeoires pour poussins et des appareils ménagers.

◆ 1957 : Création de la marque « CADDIE ».

◆ 1973 : Ouverture d’une 2ème usine à Drusenheim, entièrement automatisée et spécialisée dans la fabrication de chariots de supermarché.

◆ 2001 : Achat d’un site de production au Portugal, aujourd’hui appelé Caddie Portugal.

◆ 2017 : La production en France est concentrée sur un seul site dans des locaux neufs à Dettwiller.

◆ 2022 : Caddie est racheté par le groupe Cochez.


Longtemps en libre-service, les clients ont connu une première évolution avec le système de verrouillage grâce à une pièce de monnaie ou un simple jeton en plastique. Cela évitant que les chariots ne se retrouvent dans la nature.


Retour sur les raisons de cette liquidation :

Les difficultés financières de Caddie sont dues à plusieurs facteurs :

Concurrence accrue : L’entreprise a fait face à une forte concurrence, notamment de la part de fabricants étrangers qui proposent des produits similaires à des prix plus bas.
Changements dans les habitudes de consommation : Avec l’essor du commerce en ligne, la demande pour les chariots de supermarché traditionnels a diminué.
Problèmes de gestion : Caddie a connu plusieurs changements de direction et des problèmes de gestion qui ont affecté sa stabilité financière.
Charges sociales et dettes : L’entreprise a accumulé des dettes importantes, notamment envers l’Urssaf, ce qui a aggravé sa situation financière.

Cette situation complexe montre à quel point il est difficile pour certaines entreprises de s’adapter aux évolutions du marché et de ne pas anticiper les risques.

Ne manquez pas les analyses économiques de Cartan Trade sur LinkedIn 

11

A la une, Etudes sectorielles
Le secteur de la construction est une pierre angulaire de l’économie de l’UE. Il représente environ 9 % du PIB de l’UE, emploie directement 18 millions de personnes et soutient indirectement 24,2 millions d’emplois. Dans l’UE, ce secteur est composé d’environ 5,3 millions d’entreprises, dont plus de 99 % sont des petites et moyennes entreprises (PME).
Cela souligne le rôle important qu’il joue dans la croissance économique et la création d’emplois dans toute l’Europe.
Toutefois, son impact va au-delà de l’économie, puisqu’il permet de relever des défis sociaux, climatiques et énergétiques cruciaux.


LES PRINCIPAUX DÉFIS AUXQUELS EST CONFRONTÉ LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION EN EUROPE.

Améliorer la durabilité environnementale
Un parc immobilier ancien : De nombreux bâtiments en Europe sont anciens, ce qui entraîne une forte consommation d’énergie.
Mettre en œuvre de nouvelles technologies et méthodes pour améliorer la productivité et la durabilité.
Faible taux de rénovation : Il est essentiel d’augmenter le taux de rénovation pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions.
Selon Arthur D.litte, la rénovation de 35 millions de bâtiments d’ici à 2030 représente une formidable opportunité pour le secteur européen de la construction.
Cet objectif ambitieux s’inscrit dans la stratégie plus large de l’UE visant à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire les émissions de carbone, en s’alignant sur le Green Deal européen.
Promouvoir l’efficacité énergétique
Réutilisation et recyclage : Encourager l’utilisation de matériaux recyclés et réduire les déchets peut contribuer à créer un écosystème de construction plus durable.



La complexité des chaînes d’approvisionnement
Consommation d’intrants à forte intensité énergétique : Le secteur de la construction dépend fortement de matériaux tels que l’acier, le verre, l’aluminium, le ciment et divers produits chimiques, dont la production consomme beaucoup d’énergie.
Gestion de la chaîne d’approvisionnement : L’amélioration de l’efficacité et de la durabilité des chaînes d’approvisionnement est essentielle pour réduire l’empreinte environnementale globale.

Workforce Availability and Skills
La construction nécessite une main-d’œuvre importante, cependant il y a une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
Vieillissement de la main-d’œuvre : De nombreux travailleurs expérimentés partent à la retraite, ce qui crée un vide à combler.
Attirer les jeunes travailleurs : Il est essentiel de rendre l’industrie de la construction plus attrayante pour les jeunes générations par le biais de programmes de formation et d’opportunités de carrière.
Le partenariat à grande échelle pour la construction dans le cadre du Pacte européen pour les compétences est une étape cruciale pour répondre à l’évolution des besoins du secteur de la construction. En visant à former au moins 30 % de la main-d’œuvre d’ici à 2030.

Tandis que les grandes entreprises du BTP sont bien armées pour mener à bien cette transformation, les sous-traitants et l’ensemble du tissu des PME et ETI restent sous pression. L’accès à la formation est beaucoup plus facile pour ces entreprises, de même que l’investissement dans des véhicules plus propres (car une grande partie de l’empreinte carbone de la construction réside dans le transport des matériaux).
Bouygues Construction, par exemple, communique largement sur ce point avec la mise en œuvre d’une « stratégie climatique ». Le déploiement de leur programme de formation interne « Action Climat » se poursuit, avec 43% des collaborateurs déjà formés.



ZOOM SUR LA SITUATION EN EUROPE

Selon le dernier rapport d’ING, les volumes de construction européens devraient connaître une baisse d’environ 1,5 % cette année en raison des taux d’intérêt élevés et de l’augmentation des coûts de construction. Il s’agit d’une baisse par rapport aux prévisions précédentes d’ING (-0,5%), principalement en raison des données révisées d’Eurostat. Toutefois, les perspectives pour l’année prochaine sont plus optimistes.
La production de matériaux de construction commence à montrer des signes de reprise, probablement grâce à l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et à la demande accrue pour les projets de rénovation et d’infrastructure.

La rénovation est en train de devenir un point central du secteur de la construction.
Au-delà des nouvelles maisons ou des nouvelles infrastructures, le marché de la réparation, de l’entretien et de l’amélioration (RMI) est également essentiel dans le secteur de la construction. « Le marché de la réparation, de l’entretien et de l’amélioration reste sous pression, car le coût de la vie continue d’influer sur les décisions des particuliers en matière de dépenses importantes », explique Gael Umano, souscripteur de risques pour le Royaume-Uni et adjoint au responsable des risques du groupe Cartan Trade. Il est important de suivre les données relatives au RMI pour mieux comprendre la tendance actuelle et l’impact qu’elle peut avoir sur les petites et moyennes entreprises de construction.

Selon Eurostat, de 2021 à 2026, le marché de la rénovation des bâtiments en Europe devrait augmenter de 55,6 milliards de dollars.

Malgré les perturbations temporaires causées par la pandémie de Covid-19 et la crise de l’énergie, les perspectives d’amélioration de l’efficacité énergétique et de la durabilité dans le secteur résidentiel pourraient être prometteuses. Cependant, Cartan Trade est plutôt prudent quant à l’impact à court terme de la détente des taux d’intérêt et de la fin de certaines subventions gouvernementales (comme le PTZ en France).

FOCUS PAR PAYS



Les différentes tendances des prix de l’immobilier dans l’UE

La Pologne et l’Espagne ont connu récemment des augmentations significatives des prix des logements neufs.
En revanche, la France et l’Allemagne enregistrent une baisse des prix des logements neufs et des logements existants.
Les Pays-Bas ont également enregistré une légère baisse des prix des logements neufs au cours du premier trimestre de cette année.

Dans de nombreux pays de l’UE, le marché du logement connaît une reprise des prix après une période de déclin.

En Pologne, les prix des logements existants ont augmenté de plus de 4 % au cours du premier trimestre de l’année.
De même, l’Espagne et les Pays-Bas ont vu les prix des logements augmenter de 2 % au cours de la même période.
En revanche, l’Allemagne, confrontée à une situation économique plus morose, a connu une baisse des prix des logements de 1,1 %.



Selon Christophe Pennellier, Senior VP & Chief Risk Officer de Cartan Trade, le marché de la construction reste sous pression et très exposé aux défaillances (c’est le secteur qui a connu la plus forte augmentation de défaillances en 2024, notamment en France).

En effet, le marché de la consommation reste atone, dans l’attente de la baisse des taux d’intérêt qui étouffe le marché. Mais la détente attendue des taux d’intérêt ne permettra qu’une reprise très lente de l’activité.

Une reprise significative des permis de construire sur une longue période sera nécessaire pour envisager une reprise de l’ensemble du secteur.

CARTAN TRADE : LES FACTEURS CLÉS POUR ÉVALUER LA SANTÉ FINANCIÈRE DES ACHETEURS

Gaël Umano
souligne plusieurs facteurs clés que Cartan Trade, en tant qu’assureur-crédit, analyse pour les grandes entreprises de construction :

Dépendance à l’égard des contrats anciens : L’évaluation de la santé financière de l’entreprise à travers le poids des contrats anciens, en particulier ceux à prix fixes, peut poser des défis importants dans un environnement d’inflation élevée ou moyenne.
Un cas très récent au Royaume-Uni : ISG, qui a déposé une demande d’administration le 19 septembre, accusant ces contrats hérités d’être à l’origine de son échec. Il s’agit de la plus grande faillite dans le secteur de la construction au Royaume-Uni depuis Carillion en 2018. ISG représentait un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards de livres sterling et employait environ 2 000 personnes.
Niveau d’endettement : Un niveau d’endettement élevé dans le secteur de la construction peut s’avérer particulièrement difficile lorsque les taux d’intérêt restent élevés.
Structure de la croissance : De nombreuses entreprises de construction courent après la croissance au détriment des marges.
Qualité du carnet de commandes : La qualité du carnet de commandes d’une entreprise de construction est cruciale, notamment en ce qui concerne la manière dont les contrats sont négociés (contrats à prix fixes ou indexés sur l’inflation).

Dans les années à venir, il sera également important de surveiller de près le niveau d’investissement engagé pour transformer ces entreprises et relever leurs principaux défis, ainsi que leur niveau d’endettement.
En évaluant ces facteurs spécifiques, Cartan Trade peut mieux analyser la résilience financière des entreprises de construction et fournir à nos clients des éléments significatifs pour sécuriser leur activité.

Contactez-nous pour en savoir plus sur nos solutions d’assurance-crédit

6

A la une, Etudes sectorielles
La situation du marché de la construction dans le secteur du logement neuf devient de plus en plus préoccupante.

Comment expliquer la chute des permis de construire (PC) ?

Lors de son bilan 2023, Pôle Habitat FFB expliquait que le contexte restait défavorable :

Hausse du coût des terrains, avec la mise en place du ZAN (Zéro artificialisation nette), qui vise à réduire les conséquences environnementales de la construction et de l’aménagement urbain sur les sols.

Flambée des coûts de construction observée depuis 2021, notamment due à l’explosion des prix des matériaux, ce qui impacté les prix ventes des produits finis. En ce qui concerne le prix de construction des maisons individuelles entre 2020 et 2023, on constate une hausse de +23,7 %.

Augmentation des taux de crédit qui touchent fortement les acquéreurs emprunteurs, depuis janvier 2022.


2023 – 2024

L’année 2023 a été marquée par une crise sans précédent. Les chiffres révélés par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) confirment un effondrement des activités. 


Selon Sitadel, les s
tatistiques de construction neuve, d’avril 2023 à mars 2024, 358.600 logements ont été autorisés à la construction. C’est :
88.500  logements de moins que lors des 12 mois précédents (- 19,8 %)
22% de moins que lors des 12 mois précédant la crise sanitaire (mars 2019 à février 2020). 


La situation continue de se dégrader en mars 2024 :


22.500 logements ont été mis en chantier, soit 1.300 de moins qu’en février (- 6 %).

Le nombre de logements débutés en mars 2024 est < de 30 % à sa moyenne des 12 mois précédant la crise sanitaire.

 

Les régions les plus touchées

Selon les services du ministère de la Transition écologique, le nombre de permis de construire  a dégringolé : 
 de plus de 32% en Centre-Val de Loire,

de près de 29% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. 


A contrario, la crise est un peu moins violente :

en Occitanie (-15,8%),

dans les Hauts-de-France (-10,2%).


Les perspectives du marché de la construction dans le secteur du logement neuf

La Fédération française du bâtiment reste très pessimiste pour 2024, et parle d’un véritable crash avec seulement près de 250.000 logements commencés, soit un ratio de 8 mises en chantier pour 1 000 ménages en France, ce qui nous ferait revenir au niveau du début des années 1950 !

La baisse de l’inflation pourrait cependant permettre une légère détente du marché du crédit, mais elle serait contrebalancée par l’amputation des dispositifs de soutien au logement neuf.

Selon l’Observatoire des métiers du BTP, la crise du logement neuf existe, mais on note une augmentation de la demande de travaux en entretien-rénovation, notamment sur les rénovations énergétiques, qui semble être le seul secteur en croissance. 

En effet, le marché de la rénovation en France pourrait jouer un rôle pour compenser la baisse des permis de construire. Il devrait y avoir notamment une progression annuelle de 6.1% en 2025 et 2030 pour la rénovation énergétique, si toutefois les dispositifs d’aides étaient maintenus. 

De nombreux acteurs du secteur estiment que ce chiffre pourrait être abaissé dû : 

aux taux réduits de TVA (s’ils étaient revus à la hausse)
aux difficultés renforcées d’accès au financement pour les maîtres d’ouvrage
aux tensions sur les marges et des risques économiques pour les entreprises du bâtiment.


Enfin, les modifications apportées au budget 2024 sur le mécanisme « MaPrimeRénov » inquiètent les professionnels du secteur. En privilégiant les rénovations globales au détriment des travaux ciblés, la demande risque de chuter fortement.

 

Le gouvernement, quant à lui vient de proposer de relancer le marché à travers un projet de loi sur une offre de logements abordables, mais l’absence d’incitation fiscale, font douter les principaux acteurs. 

7

Prévention, A la une, Etudes sectorielles

Ralentissement économique mondial, bouleversements géopolitiques, inflation généralisée, difficultés d’accès au financement et hausse des délais de paiement entraînent des tensions de trésorerie pour nombre d’entreprises et accroissent significativement le risque de défaillance.

Sur cette fin d’année 2023, le BFR moyen des entreprises a atteint un niveau supérieur à la situation pré-pandémie alors que le niveau de trésorerie confortable constitué par nombre d’entreprises post COVID est désormais révolu.
Nous sommes actuellement dans une phase de difficultés plus structurelles liées aux contraintes rencontrées par les entreprises pour financer leurs besoins opérationnels, face à la disparition progressive des mesures de soutien publiques en sortie de crise et au remboursement des PGE.

Dans ce contexte difficile, il est devenu impératif pour les entreprises de mieux contrôler et réduire leur BFR dont la hausse généralisée s’explique par plusieurs facteurs :




Niveau de stock élevé et ralentissement économique

Les difficultés d’approvisionnement et la volatilité des prix subis en 2021-22 ont amené nombre d’entreprises à constituer de lourds stocks afin de limiter le risque d’approvisionnement et la hausse des coûts d’achat. Ces niveaux de stocks peuvent, dans un contexte de baisse d’activité, peser sur la trésorerie des entreprises.

 

Hausse des délais de paiement

Face aux difficultés économiques actuelles et l’affaiblissement de leur trésorerie, il est de plus en plus courant de voir les entreprises étirer leur crédit fournisseur pour financer leur activité. Cette hausse globale, outre un accroissement des risques de défaillances en chaîne, entraine un besoin accru de liquidités des fournisseurs afin de financer leur propre cycle d’exploitation.


Difficulté d’accès et coût du financement

La dégradation économique et la remontée des taux d’intérêt complexifient davantage les démarches des entreprises qui souhaitent lever ou renégocier des financements externes. Ainsi, alors que le besoin général de solutions de financement court terme augmente, leur accès est plus difficile et leur coût en forte hausse, entraînant des tensions de trésorerie.

Les conditions d’accès au crédit ne devraient pas s’assouplir à court terme, continuant d’impacter l’accès au financement et le niveau de la demande. On estime néanmoins que les taux directeurs de la BCE pourraient être revus à la baisse dans les prochains mois au regard de la stabilisation attendue de l’inflation et la dégradation de la croissance.

À noter que la fin des dispositifs d’aide étatique et le remboursement des PGE exposent de nombreuses entreprises à des risques de défaillance alors que les conditions de refinancement sont difficiles, leurs réserves de cash affaiblies et leurs performances en recul.

 

Nécessité de mieux piloter et réduire le BFR

Dans ce contexte difficile, le niveau de trésorerie moyen des entreprises se dégrade rapidement, au même titre que le nombre de défaillances qui va retrouver des niveaux similaires, voire supérieurs à la situation pré-pandémie : construction, distribution, commerce de gros et transports sont les secteurs les plus impactés par les difficultés actuelles, nombre d’acteurs n’ayant pas pu répercuter la hausse de leurs coûts liés à l’inflation et faisant face à une baisse de la demande.

Cette dégradation généralisée met d’autant plus en exergue l’importance pour les entreprises de mieux piloter et réduire leur BFR en sécurisant leur poste client, délais et conditions de paiement.

Cette situation rend nécessaire une gestion rigoureuse des prévisions de trésorerie, domaine encore mal maitrisé par de nombreuses entreprises, mais qui, dans la situation actuelle, avec les évolutions réglementaires ainsi que l’émergence de nouvelles solutions digitalisées, devrait s’améliorer.


Christophe Pennellier, Directeur des Risques Europe de Cartan trade
Hugo Poinsot, Risk Underwriter de Cartan Trade France


Découvrez les solutions de Cartan Trade
0